Dossier de l'art n°112 du 15/09/2004
Numéro Normal  
Primatice
A l'occasion de l'exposition du Louvre consacrée à Primatice, ce Dossier de l'Art propose de découvrir l'oeuvre du grand maître italien qui réalisa des chefs-d'oeuvre au service de la cour de France. Après une présentation de l'exposition, il offre une sorte de parcours primaticien à travers la France, présentant successivement les grands sites où l'artiste laissa sa géniale empreinte, du château de Fontainebleau à l'abbaye de Chaalis, de la basilique Saint-Denis au château d'Ancy-le-Franc.
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
Primatice, un maître de la maniera Dominique Cordellier Pages 2-11
L'exposition du Louvre
Primatice, maître de Fontainebleau, présentée au musée du Louvre, est la toute première exposition monographique jamais consacrée à cet artiste génial de la Renaissance, l’un des fondateurs de l’ école de Fontainebleau. Plus de deux cent soixante-dix œuvres ainsi exposées – parmi lesquelles un très grand nombre de dessins mais aussi des estampes, quelques peintures des sculptures et des tapisseries – lèvent donc enfin un pan de voile sur ce parangon du maniérisme italien au service de la cour de France qui exerça une influence décisive sur l’art français.

 
Fontainebleau: le grand chantier de Primatice Danièle Véron-Denise et Vincent Droguet Pages 14-33

Arrivé en France après le 23 mars 1531(1), Primatice, muni de dessins de son maître Jules Romain(2), était accompagné de peintres italiens qui avaient travaillé avec lui à Mantoue. Le château de Fontainebleau fut la première résidence dans laquelle il œuvra, partageant les chantiers de la demeure royale avec Rosso arrivé peu avant lui. Jusqu’à la mort du peintre florentin en 1540, il y travailla soit seul, soit avec son équipe, soit en collaboration avec Rosso, notamment à la galerie François Ier. Tout au long de la longue carrière de Primatice, Fontainebleau demeurera le chantier incessant par lequel il fournit dessins, modèles et projets, le lieu qui lui permit de donner toute la mesure de son immense talent. Si la galerie d’Ulysse a été détruite, la main de Primatice est aujourd’hui visible à Fontainebleau dans la Danaé de la galerie François Ier, la chambre de la duchesse d’Étampes, la Porte dorée, la Salle de bal, la Grotte de pins, le portail s’élevant sur le fossé de la cour du Cheval blanc et l’aile de la Belle cheminée sur la cour de la Fontaine.

 
Les fresques de la chapelle de l'abbaye de Chaalis Jean-Pierre Babelon Pages 34-47
Une redécouverte majeure
La chapelle du XIIIe siècle de l’abbaye royale de Chaalis, abrite sous son plafond et au revers de sa façade un décor de fresques remarquable par son contenu théologique et qui suscite grandement l’intérêt des spécialistes de Primatice. Si une importante restauration effectuée par les frères Balze au XIXe siècle en a compliqué l’interprétation, l’œuvre est aujourd’hui unanimement reconnue celle de Primatice et l’une de ses premières entreprises en France.

 
La Chambre des Arts du château d'Ancy-le-Franc Magali Bélime-Droguet Pages 48-53
Un décor primaticien
Le château d’Ancy-le-Franc (Yonne) fut bâti à l’époque de François Ier pour un grand seigneur en terre bourguignonne, beau-frère de Diane de Poitiers, Antoine III de Clermont. Il renferme dans sa plus belle pièce un décor mural composé de médaillons figurant les sept Arts libéraux entourant Apollon et ses muses, daté vers 1547-1550, et peint d’après les dessins de Primatice.

 
Les monuments royaux de la basilique de Saint-Denis Geneviève Bresc-Bautier Pages 54-65
Les trésors funéraires de Primatice
Dans la basilique Saint-Denis, le tombeau à étage de François 1er et de Claude de France et ainsi que celui d’Henri II et de Catherine de Médicis comptent parmi les monuments plus spectaculaires de ce panthéon royal. En montrant ainsi superposée la double effigie du roi et de la reine dans leur corps glorieux de priants et dans le corps misérable de gisants, ils témoignent du bouleversement de l’art funéraire au XVIe siècle, dû en particulier au génie de l’architecte Philibert Delorme et de Primatice, qui dirigèrent tous deux successivement la surintendance des Bâtiments du Roi. Tandis que pour le tombeau de François Ier - de même que pour le monument du cœur de ce roi que l’on conserve au Louvre – la participation de Primatice à la conception de l’œuvre est très relative, en revanche, elle est parfaitement attestée pour le tombeau Henri II et le monument de cœur de François II.

 
Chefs-d'oeuvre sculptés du Louvre Geneviève Bresc-Bautier Pages 66-73

L’apport de Primatice à la sculpture est perceptible au Louvre dans l’étude de certaines œuvres monumentales, comme la célèbre Diane d’Anet, qui sans que l’on puisse identifier son sculpteur, présente des indices d’une influence primaticienne. Le musée du Louvre conserve d’autre part divers éléments de la sépulture d’Henri II dont le monument du cœur du roi, mais aussi le groupe imposant de La Résurrection du Christ et l’esquisse d’un autre grand marbre, La Vierge de douleur, deux éléments rescapés d’un des derniers grands projets de Primatice : la Rotonde des Valois de Saint-Denis, qu’il ne verra pas achevée.

 
Les vestiges du tombeau de Claude de Lorraine Geneviève Bresc-Bautier Pages 74-79

La sculpture funéraire occupe une place importante dans l’œuvre de Primatice à partir de la fin des années 1550, à l’exemple du Tombeau de Claude de Guise et d’Antoinette de Bourbon dont il a probablement confié l’exécution à ses collaborateurs, Florentin et Picard. La comparaison des projets du Maître et des vestiges aujourd’hui dispersés entre Chaumont et Joinville – réunis dans l’exposition du Louvre – permet de retracer la genèse de l’oeuvre.

 
Du château d'Anet au musée des Beaux-Arts de Chartres Sophie Baratte Pages 80-85
Les douze plaques émaillées des apôtres
L’activité féconde du Primatice relative aux arts appliqués est notamment illustrée au musée des Beaux-Arts de Chartres par un superbe ensemble d’émaux réalisés par Léonard Limosin (1505- v.1577). La parenté de cette série de douze Apôtres avec des dessins préparatoires du Primatice conservés au Louvre est depuis longtemps démontrée.

 
La Galerie du Grand Ecuyer au châyeau d'Oiron Nicolas Sainte Fare Garnot Pages 86-95
Un chef-d'oeuvre français ou italien ?
Le vaste décor de la galerie de Troie au Château d’Oiron (Deux-Sèvres) est de ces chantiers français qui suscitent la prudence des historiens au sujet de leur attribution. L’actuelle campagne de restauration de ces peintures murales a permis de reconsidérer cette œuvre poitevine de la Renaissance que la tradition attribue au mystérieux peintre français Noël Jallier. La qualité du décor et l’importance de son commanditaire permettent d’envisager une piste italienne, dans l’entourage de Primatice.

 
Primatice L'art de l'ukiyo-e. Exposition au Grand Palais.

 
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Dossier de l'art n°112 est un magazine des Editions FATON.