Dossier de l'art n°125 du 01/12/2005
Numéro Normal  
Petit Palais. La rénovation et les collections
À l'issue d'un chantier de restauration de grande ampleur lancé en 2001, le Petit Palais ouvre à nouveau ses portes au public. Plus lisibles et lumineux, ses volumes intérieurs ont retrouvé l'ampleur et la majesté que Charles Girault leur avait conférées. Ses riches collections ont été redéployées sur 5 000 m2. Gilles Chazal, directeur du Petit Palais, revient sur les étapes phares de cette rénovation et sur l'histoire de ce musée.
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
La réouverture du Petit Palais Entretien avec Gilles Chazal Pages 4-11



 
L'architecture du Petit Palais Fayol (A.) Pages 12-13

Édifié à l'occasion de l'Exposition universelle de 1900 et dialoguant, dans ce contexte, avec le Grand Palais et le pont Alexandre III construits au même moment, sur le même site, en bordure des Champs-Élysées, le Petit Palais est un joyau de l'architecture de la Belle Époque. Sa récente restauration, menée dans un souci de fidélité au projet d'origine, a permis de redécouvrir les riches contradictions de son architecture, reflet d'un retour à l'académisme en plein triomphe de la modernité.

 
Les collections du Petit Palais   Pages 14-75
De l'Antiquité au XXe siècle
Lorsqu'il ouvre ses portes, le Petit Palais expose un fonds d'art français, acquis dès 1870 auprès d'artistes contemporains, ainsi qu'une impressionnante collection d'art ancien léguée par les frères Dutuit. Depuis, ses collections se sont considérablement enrichies, grâce à la politique active menée par Henry Lapauze, le premier directeur du musée, et par ses successeurs. Aux oeuvres de Rembrandt, Gallé ou Sisley sont venus s'ajouter un bel ensemble d'icônes, des dessins de joallerie, des toiles de Courbet et de Cézanne ou encore un ensemble d'oeuvres françaises du XVIIIe siècle.

 
La naissance d'un musée des Beaux-Arts Collet (I.) et Simier (A.) Pages 16-29
Le fonds d'art français
Ce n'est qu'au tout début du XXe siècle, et après plusieurs tentatives infructueuses, que l'ouverture d'un musée des Beaux-Arts appartenant à la ville prit forme. Le Petit Palais, bâtiment prestigieux et spacieux construit pour l'Exposition universelle de 1900, accueille alors les commandes et acquisitions de la Ville de Paris, ainsi que les nombreux dons consentis grâce à l'habileté et à la perspicacité d'Henry Lapauze, son premier directeur. Des artistes prestigieux entrent alors dans les collections, tels Carriès, Dalou, Courbet ou Rodin.

 
Eugène et Auguste Dutuit Los Llanos, de (J.) Pages 30-49
Deux très généreux donateurs
Issus de la bourgeoisie normande, Eugène (1807-1886) et Auguste (1812-1902) Dutuit ont rassemblé des collections considérables qui forment aujourd'hui le noyau du musée du Petit Palais. Les deux frères que rien ne prédisposait à cet avenir de donateurs de musée, ont pendant soixante-dix ans acheté des oeuvres en France comme à l'étranger. Fascinés par Rembrandt, dont ils acquirent un autoportrait dès 1840, et plus généralement par l'art hollandais (peinture, dessin et gravure), ils s'intéressèrent aussi à de nombreux domaines comme les antiques ou les objets d'art.

 
Les antiques, une collection unique Pelletier-Hornby (P.) Pages 38-39



 
Les objets d'art du Moyen Age et de la Renaissance Barbe (Fr.) Pages 40-41



 
Les peintures : un ensemble exceptionnel du siècle d'or des Pays-Bas Boucher (M.-Chr.) Pages 42-43



 
La gravure ancienne, domaine de prédilection d'Eugène Renouard de Bussierre (S.) Pages 44-47



 
Les dessins : des feuilles de maîtres Los Llanos, de (J.) Pages 48-49



 
Édward et Julia Tuck, un couple d'amateurs passionnés Lemasson (P.) Pages 50-55
Les collections du XVIIIe siècle
Mobilier, porcelaines et nombre d'objets d'art français du XVIIIe siècle de très haute qualité sont entrés, en 1930, dans les collections du Petit Palais grâce à la générosité d'un couple d'Américains fortunés, Edward et Julia Tuck. Passionnés par les arts décoratifs français, ils montrèrent une prédilection pour le style rocaille et Louis XV.

 
Les tapisseries Lemasson (P.) Pages 56-57



 
Ambroise Vollard ou l'art moderne au Petit Palais Assante di Panzillo (M.) Pages 58-61
Des impressionnistes aux Fauves
Parmi ses grands donateurs, le Petit Palais compte un marchand de génie qui offrit ou légua au musée quelques-uns des chefs-d'oeuvre de l'art moderne du début du XXe siècle : Ambroise Vollard (1866-1939), qui fut sensible à l'engagement du musée en faveur de l'art vivant. C'est ainsi que Renoir, Cézanne ou Pissarro entrèrent dans les collections du musée.

 
Les collections Galliera Morel (D.) Pages 62-65
Chefs-d'oeuvre des arts industriels
Gallé, Tiffany, Delaherche, Decoeur ou Armand Point sont quelques-uns des artisans d'art à qui la Ville de Paris a acheté ou commandé de superbes objets. Cette politique d'investissement dans les arts décoratifs contemporains initiée au début des années 1890 a permis la constitution d'un important fonds, à l'origine destiné au palais Galliera, puis reversé en 1979 au musée du Petit Palais.

 
Le legs Roger Cabal Chazal (G.) Pages 66-71
Une exceptionnelle collection d'icônes
Roger Cabal (1929-1997), sensible à l'art moderne, a décelé dans les icônes une force esthétique que peu d'amateurs en France avaient perçue. Constituée à partir des années 1960, sa riche collection constitue, depuis son legs au Petit Palais en 1998, l'un des rares ensembles de ce type accessibles au public français.

 
Dessins de joaillerie Chazal (M.) Pages 72-75
Jacqueau dessinateur de génie chez Cartier
Le Petit Palais conserve un important fonds de dessins de joaillerie. Parmi les artistes représentés figurent Georges Deraisme et Charles Jacqueau (1885-1968). Très doué et curieux de tout, ce dernier a rapidement su séduire Louis Cartier. De 1909 à 1954, il a fourni à la célèbre maison un nombre considérable de projets subtils et audacieux, dont le musée garde la trace grâce à la générosité de ses filles.

 
Les musées de la Ville de Paris   Pages 76-91
Découverte
Les musées de la ville offrent à l'amateur un beau panorama historique et artistique de l'art européen et asiatique. Le musée Carnavalet présente l'histoire de Paris et des Parisiens depuis l'Antiquité, tandis que le musée Cognacq-Jay se concentre sur le XVIIIe français. Plus intimes, les maisons d'artistes et d'écrivains invitent à s'imprégner des lieux où ont travaillé Balzac, Hugo ou encore Bourdelle. Au musée Cernuschi, récemment restauré, céramiques, bronzes et estampes témoignent des raffinements de l'art asiatique. Enfin, le musée d'art moderne ouvrira à nouveau ses portes au public à partir de janvier prochain.

 
Carnavalet ou la mémoire de Paris Fayol (A.) Pages 78-79

En plein coeur du quartier du Marais, le musée Carnavalet porte mieux qu'aucun autre son titre de musée de la Ville de Paris, puisqu'il est entièrement dédié à la capitale. À mi-chemin de l'archéologie, de l'art et de l'histoire, on y découvre Paris sous toutes ses coutures, de la Préhistoire à nos jours, de l'architecture aux arts décoratifs, de la vie quotidienne aux grands événements qui l'ont façonnée. Le tout dans un cadre d'exception qui est lui-même un joyau de l'histoire parisienne.

 
Le musée Cognacq-Jay. La passion du XVIIIe français Valtat (E.) Pages 80-81

À partir du milieu du XIXe siècle, les oeuvres du XVIIIe siècle épanoui retrouvent la faveur des collectionneurs et des amateurs d'art qui les avaient négligées. L'impressionnant ensemble qu'Ernest Cognacq et son épouse Marie-Louise Jay sont parvenus à rassembler en est une démonstration éclatante. Dans le musée qui porte aujord'hui leur nom, au coeur du Marais, se côtoient meubles de Martin Carlain, pastels de La Tour ou encore porcelaines de Meissen.

 
Les trésors d'Orient du musée Cernuschi Fayol (A.) Pages 82-84

Second musée d'art asiatique en France avec plus de 12 000 oeuvres, le musée Cernuschi offre depuis plus d'un siècle à ses visiteurs l'occasion de parcourir plusieurs millénaires d'art chinois et japonais depuis l'ère néolithique. Sa récente restauration, achevée en juin dernier, a permis de redéployer ses remarquables collections dans un cadre moderne et néanmoins fidèle à l'esprit du grand collectionneur Henri Cernuschi.

 
Musées littéraires et ateliers d'artistes Valtat (E.) Pages 85-87

Moins connus du public que les grands musées parisiens, les musées littéraires et ateliers d'artistes dévoilent pourtant à qui prend la peine d'y flâner leur charme discret, celui justement des modestes trésors cachés. Sous la tutelle de la Ville de Paris, cinq lieux disséminés dans Paris portent la marque des artistes et écrivains qui les ont habités : Hugo, Balzac, le peintre Ary Scheffer et les sculpteurs Bourdelle et Zadkine.

 
Le musée d'art moderne de la Ville de Paris Valtat (E.) Pages 88-89

Fermé depuis deux ans pour des travaux de restauration, le musée d'art moderne de la Ville de Paris va ouvrir ses portes au public en janvier de l'année prochaine. Né de la volonté, dans les années 30, de doter Paris d'un véritable musée consacré à l'art vivant, le musée n'a véritablement vu le jour que trente ans plus tard. Son identité s'est construite au fil du temps, au gré des nombreux dons et legs, mais aussi grâce à une politique d'achat volontariste et réfléchie. Soulignant son double rôle de musée historique et de lieu d'accueil de la création contemporaine, deux expositions sont prévues pour sa réouverture : l'une consacrée à Bonnard, dont le musée conserve d'intéressants tableaux, et l'autre à Pierre Huyghe.

 
Petit Palais. La rénovation et les collections L'expressionnisme allemand

 
Sommaire dossier-art.
 
Dossier de l'art n°125 est un magazine des Editions FATON.