Dossier de l'art n° 92 du 10/12/2002
Numéro Double  
Les riches heures de la soierie lyonnaise
-Lyon et la soierie, à travers les siècles -Le renouveau de la soierie lyonnaise au XVIIIe siècle -Un domaine méconnu : le vêtement liturgique au XIXe siècle -Le Consulat et l'Empire, un âge d'or inégalé -La Restauration et la Monarchie de Juillet -Au XIXe siècle : la suprématie lyonnaise -Soierie et mode : une nouvelle forme de luxe -Lexique technique
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
Lyon et la soierie à travers les siècles Par Guy Blazy, Pages 4-13

Lorsque l'on parle de la "Fabrique" lyonnaise, c'est toute l'activité des métiers de la soierie à Lyon qui est alors évoquée, depuis les foires de la fin du XVe siècle jusqu'à aujourd'hui. En tous temps, elle a su rebondir, malgré les crises, grâce à ses innovations techniques et à son adaptation à des modes parfois passagères. Elle reste également marquée, à la fois par l'empreinte de ses grands "créateurs", et par celle des hommes qui dirigèrent la France et qui ont encouragé et protégé avec persévérance l'industrie textile lyonnaise, notamment par des commandes de grande envergure.
Lyon -Textiles - tissus d'ameublement -musée
 
La soierie lyonnaise au XVIIIe Par Marie Bouzard Pages 14-31

Au XVIIIe siècle, les velours et les brocarts de style italien, les brochés de soies nuancées et les étoffes importées ou imitées de celles des Indes satisfaisaient aux désirs de somptuosité et de nouveauté qui animaient les cours européennes. À la Cour de Versailles, comme dans l'aristocratie et la bourgeoisie aisées, on appréciait, pour se meubler et se vêtir, ces tissus aux matières et aux décors, précieux et délicats, qui suscitaient l'admiration et l'envie.
Lyon -Textiles - tissus d'ameublement
 
Le vêtement liturgique à Lyon au XIXe Par Bernard Berthod Pages 32-41

Les arts liturgiques qui comptent parmi l’une des principales activités de la ville de Lyon dès la fin du 1er Empire, ont joui au cours du siècle d’une prospérité encore mal connue. Le textile liturgique que l’on nomme la paramentique est un bon témoin des arts décoratifs du XIXe siècle ; il se situe à la croisée de la création artistique, du souci pastoral de l’autorité catholique et de l’industrie. Son étude intéresse l’historien de l’art, le sociologue et l’ethnologue ; malheureusement, ce patrimoine a été décimé et les sources sont très fragmentaires. Les principales fabriques et maisons de soierie, en disparaissant dans les années 1960, emportent avec elles leurs archives et leurs catalogues, quelques unes ayant ont sauvegardé leur héritage, c’est le cas à Lyon de Tassinari & Chatel et de Prelle, héritière de Lamy & Giraud.
tissus, Lyon
 
Le Consulat et l'Empire Par Chantal Coural Pages 42-61

Les étoffes provenant des commandes du Consulat et de l’Empire à la Fabrique lyonnaise sont, pour l’essentiel, encore conservées dans les collections du Mobilier national. Grâce aux recherches menées par Jean Coural qui aboutirent à la publication de l’Inventaire des Soieries Empire et aux expositions qu’il organisa dans les années 1980-1990, cette production officielle a été particulièrement étudiée. Le dépouillement systématique des archives du Garde-Meuble a permis d’avoir une connaissance précise des réalisations lyonnaises. On peut ainsi affirmer que ces commandes sont sans précédent, car jamais dans un délai aussi bref, une telle quantité de soieries d’une aussi grande qualité n’avait été exécutée.

 
La Restauration et la Monarchie de Juillet Par Chantal Coural Pages 62-81

Pour la période allant de 1814 à 1848, les soieries lyonnaises n’ont pas encore fait l'objet de l'étude qu’elles mériteraient, comparable à celle qui fut réalisée pour la période du Consulat et de l'Empire. Elles restent donc relativement peu connues. Quelques commandes ont toutefois été ponctuellement étudiées. C'est le cas des riches étoffes de la salle du trône des Tuileries, révélées au public lors de l'exposition organisée par le Mobilier national, en 1987, au musée historique des Tissus de Lyon. Quelques exemples de la production de cette période furent encore présentés à Paris, au Grand Palais en 1991, à l'occasion de l'exposition Un âge d’or des Arts décoratifs 1814-1848.
Lyon, tissus, textile
 
La suprématie lyonnaise au XIXe Par Audrey Soria Pages 82-101

C'est, plus que jamais, au XIXe siècle, et plus particulièrement des années 1840 à 1890, que se renforce la position de Lyon en matière de fabrication et de commerce du textile. La Fabrique bénéficie alors, de tous les facteurs nécessaires à sa vitalité : une organisation efficace du commerce de la soie, une constante capacité d'innovation technologique et le savoir-faire artistique de ses créateurs. Ces conditions réunies assurent désormais le monopole de Lyon sur les marchés internationaux.
Textiles - tissus d'ameublement
 
Soierie et mode : une nouvelle forme de luxe Par Florence Charpigny Pages 102-115

Profondément affectée par la crise des années 1860-1880, la Fabrique s'est restructurée en élaborant un modèle de production original, ajoutant à la réputation de qualité et de raffinement de ses produits la diversité -au contraire de ses concurrentes étrangères proposant une nombre limité d'articles- et l'ouverture de nouveaux marchés, soutenus par une main d'œuvre qualifiée et une innovation technique permanente. Cette organisation contribue à amortir les effets propres aux industries du luxe traditionnellement exportatrices, soumises à une activité, elle même caractérisée par un rythme saisonnier, particulièrement sensible aux crises internationales.
Lyon, industrie textile, haute couture
 
Les riches heures de la soierie lyonnaise Francisque Millet Le paysage en France au XVII ème

 
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Dossier de l'art n° 92 est un magazine des Editions FATON.