Dossier de l'art n° 89 du 01/08/2002
Numéro Double  
Le jardin à la française
Histoire du jardin à la française de la Renaissance à nos jours, illustrée par de nombreux exemples de jardins ouverts à la visite.
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
Les jardins français de la Renaissance Jacques Moulin Pages 4-11

Les jardins français de la Renaissance s'inspirèrent à la fois de la tradition moyenâgeuse et des créations italiennes, modèles pour toute l'Europe. L'art des jardins, jusque-là peu développé en France, s'épanouit alors dans des créations aux formes variées, façonnant au cours du XVIe siècle un art proprement français, dans lequel les jardins du XVIIe siècle puisèrent les sources de leur classicisme.
jardin, Bury, Verneuil, jardin italien, jardin botanique, Du Cerceau.
 
Chamerolles, la reconstitution d'un jardin Renaissance Jacques Moulin Pages 12-17

Acquis en 1987 par le Conseil Général du Loiret, le domaine de Chamerolles a fait l'objet depuis d'une importante restauration en particulier tournée vers les jardins. La décision de reconstituer un jardin Renaissance a été l'occasion, pour l'architecte en chef notamment, de s'interroger sur la déontologie et les méthodes devant présider à de tels projets.
Chamerolles, restauration, reconstitution, Loiret.
 
Les jardins du château de Villandry Laurence Caillaud-de Guido Pages 18-21

Les jardins de Villandry, en Touraine, sont parmi les plus célèbres et les plus visités de France. Classés Monument historique depuis 1934, ils appartiennent toujours à la famille de leur créateur, le docteur Joachim Carvallo, qui acquit la propriété en 1906 et y consacra toute son énergie, aux dépens d'une carrière scientifique prometteuse.
Villandry, Carvallo, jardin, reconstitution, potager.
 
Les jardins du château de Cormatin Marc Simonet-Lenglart Pages 22-27

Après une longue réflexion, les propriétaires du château de Cormatin, en Saône-et-Loire, ont entrepris, il y a quelques années, de recréer, autour du château restauré, un jardin inspiré d'écrits anciens. Les éléments traditionnels des jardins de la fin de la Renaissance et des premières années du XVIIe siècle se conjuguent dans cette création unique, fondée sur une symbolique forte et sur le plaisir simple de la promenade.
Cormatin, reconstitution, Dézallier d'Argenville, Boyceau.
 
Les jardins de l'âge baroque Michel Baridon Pages 28-33

Le XVIIe siècle voit s'épanouir en Europe, et particulièrement en France, des jardins associant aux formes de la Renaissance une vision nouvelle de l'espace. L'appellation "jardins à la française", couramment utilisée pour les désigner, ne rend cependant compte ni de la richesse, ni du large développement géographique, ni même de la variété des sources d'inspiration de ces jardins de l'âge baroque.
jardin, baroque, Le Nôtre, jardin italien, Boyceau, Mollet
 
Le style de Le Nôtre Michel Baridon Pages 34-51

L'art des jardins au XVIIe siècle se résume souvent, aux yeux du grand public, aux réalisations de Le Nôtre et particulièrement aux jardins de Versailles. Sa personnalité et sa vision novatrice de l'espace, qui ont trouvé à s'exprimer dans de prestigieuses réalisations, ont profondément marqué le XVIIe siècle ; elles ne doivent cependant pas éclipser les œuvres de ses contemporains et prédécesseurs qui, tels Boyceau, Mollet ou Mansart, ont contribué à l'élaboration de sa "manière".
Le Nôtre, Versailles, Vaux-le-Vicomte, Claude Mollet, Simon Vouet, Jacques Boyceau, Louis XIV, bosquet, perspective, Cotelle, Chantilly, Dampierre, Sceaux.
 
Fontainebleau, des jardins Renaissance aux jardins classiques Vincent Droguet Pages 52-59

C'est la chasse, et donc la forêt, qui décida du devenir de Fontainebleau et fit de cette très ancienne résidence des rois capétiens un séjour favori des souverains Valois et Bourbon. Toutefois, dès le règne de François Ier, les jardins constituèrent un des principaux attraits de ce château, conditionnant pour une part le développement de la construction. Cette place essentielle des jardins à Fontainebleau ne devait jamais se démentir et les travaux du XVIIe siècle allaient même leur conférer une dimension nouvelle.
Fontainebleau, Herni IV, François Ier, Le Nôtre.
 
Le jardin du Luxembourg Laurence Caillaud-de Guido Pages 60-63

Souhaitant s'éloigner du Louvre, demeure qu'elle n'appréciait guère, Marie de Médicis décida la construction d'une nouvelle résidence dans le faubourg Saint-Germain-des-Prés. Dans un cadre campagnard, entourés de jardins et d'établissements religieux, virent le jour un palais et son jardin, qui conservèrent le nom de l'ancien propriétaire du domaine, François de Luxembourg.
Luxembourg, Marie de Médicis, Boboli,Boyceau, Le Nôtre, jardin à l'italienne.
 
Les jardins de Vaux-le-Vicomte Jacques Moulin Pages 64-69

Les jardins de Vaux-le-Vicomte apparaissent comme les jardins à la française les plus caractéristiques et les plus célèbres du XVIIe siècle, mais leur histoire est encore largement méconnue. Une belle légende affirme qu'ils ont été réalisés en cinq ans seulement, entre 1656 et 1661, et qu'ils sont parvenus jusqu'à nous pratiquement sans changement, restaurés à la fin du XIXe siècle comme Le Nôtre les avait créés.
Vaux, Nicolas Fouquet, Achille Duchêne, Le Vau, Le Nôtre, Le Brun, Alfred Sommier.
 
Le Nôtre et les jardins de Versailles Laurence Caillaud-de Guido Pages 70-79

Entretien avec Pierre-André Lablaude, architecte en chef des Monuments historiques chargé de la restauration des jardins, qui revient sur l'histoire et l'état actuel du parc de Versailles.
Versailles, Le Nôtre, Louis XIV, Le Brun, Hardouin-Mansart, Cotelle, topiaire, bosquet.
 
André Le Nôtre à Chantilly Nicole Garnier-Pelle Pages 80-87

Possession des Condé depuis 1643, le domaine de Chantilly fut l'une des passions du Grand Condé, qui s'attacha à embellir la demeure Renaissance en faisant appel à Le Nôtre. Bien que d'importantes parties du parc aient de nos jours disparu, la marque de Le Nôtre est encore tangible dans les jardins comme dans la ville de Chantilly, partiellement construite selon des axes établis au XVIIe siècle.
Chantilly, Condé, Le Nôtre, Nicolas Caboud.
 
Le domaine de Sceaux Geneviève Lagardère et Gérard Rousset-Charny Pages 88-93

“Sceaux est l’ouvrage du grand Colbert, qui chargea le Brun de tous les embellissemens de ce lieu, & le Nostre de la conduite des jardins. Le Duc & ensuite la Duchesse du Maine y ont fait des changements & des augmentations si considérables, qu’ils ont rendu Sceaux un séjour de délices”, note en 1762 Antoine-Nicolas Dézallier d’Argenville . Cent ans plus tôt, le domaine, situé à sept kilomètres au sud de Paris, s’étendait sur cent dix-neuf arpents, soit une cinquantaine d’hectares. Le parc, clos de murs, se composait de taillis, bois de haute futaie, étangs, prés, vergers et potager. Une longue allée de deux rangs d’ormes menait au château construit, en 1597, pour Louis Potier, baron de Gesvres, conseiller du roi.
Sceaux, Colbert, Le Nôtre, Le Brun, Perrault.
 
Saint-Cloud, le parc inachevé Frédéric Sichet Pages 94-97

Le parc de Saint-Cloud, malgré l’importance de son programme, fut sans doute, des créations de la fin du Grand Siècle, l’une des moins considérées des historiens. Le mystère de cette œuvre réside pourtant dans la complexité même des jardins qui, simultanément à l’affirmation d’une dimension esthétique, doivent se jouer de multiples contraintes. En cela, Saint-Cloud est un chef-d’œuvre dont la création, qui a duré plus d’un demi-siècle, a pris le dessus des contraintes d’un vaste espace foncier, topographique, géologique et hydrographique en même temps qu’elle composait avec les limites des ressources financières du maître d’ouvrage et d’un vaste corpus de savoir-faire et de techniques.
Gondi, Le Nôtre.
 
Les jardins réguliers au XVIIIe siècle Monique Mosser Pages 98-105

Le Siècle des Lumières remet largement en cause les principes de construction géométriques établis en France depuis la Renaissance. Rendant à la nature sa liberté formelle, les parcs paysagers ou "à l'anglaise" sont les plus nombreux et, surtout, ceux dont la mode se développe. Le jardin régulier ne disparaît cependant pas, les différents styles se mêlant sans s'exclure. Surtout, le XVIIIe siècle est celui d'importants théoriciens des jardins qui, à l'instar de Dézallier d'Argenville, gardent une vive admiration pour les créations du siècle précédent.
Dézallier d'Argenville, Blondel, Le Nôtre, Marly, Lunéville, jardins publics, jardin régulier.
 
Le jardin à la française du château de Vaire-le-Grand Laurence Caillaud-de Guido Pages 106-107

Situés sur une butte dominant la vallée du Doubs et entourés de verdure, le château et le jardin de Vaire-le-Grand s'intègrent parfaitement au paysage environnant. Depuis Jean-Baptiste Boisot, premier maître des lieux, jusqu'aux actuels propriétaires, le domaine est passé par de nombreuses mains, parfois au détriment de sa conservation. Le jardin, qui avait particulièrement souffert, a été récemment restauré, et a retrouvé l'aspect qu'il devait avoir au XVIIIe siècle.
Dézallier d'Argenville, Ganay, Boisot.
 
Les jardins du château du Touvet Laurence Caillaud-de Guido Pages 108-111

Jardins historiques classés au titre des Monuments historiques depuis 1959, les jardins du château du Touvet illustrent parfaitement la notion de genius loci, développée au XVIIIe siècle, qui définit l'adaptation parfaite du jardin au cadre naturel dans lequel il s'inscrit et l'utilisation de la topographie pour la mise en scène des effets. Rare exemple de jardin d'agrément du XVIIIe siècle, ces jardins ouverts à la visite depuis 1985 ont récemment retrouvé leur éclat lors d'une importante campagne de restauration.
Marcieu, Dézallier, escalier d'eau.
 
La Ferté-Vidame, le dernier parc à la française du Siècle des Lumières Gérard Mabille Pages 112-117

Située au nord est du département de l’Eure-et-Loir, au cœur d’une vaste étendue horizontale, boisée et riche en eaux dormantes ou courantes, la Ferté-Vidame reste un lieu peu connu des historiens d’art comme des amateurs de jardins. Malgré la succession de ses illustres hôtes, Saint-Simon, Laborde, Penthièvre ou Louis-Philippe, le domaine, autrefois de près de 1000 hectares, à présent divisé et longtemps interdit aux promeneurs, n’a que depuis peu ouvert, en partie, ses portes. L’on peut ainsi, désormais, autour des imposantes ruines du château, parcourir un vaste parc dont le tracé "à la française", encore bien lisible, frappe encore les rares visiteurs.
La Ferté-Vidame, Laborde, Le Carpentier, Méréville.
 
Le jardin classique du marquis d'Albertas à Bouc-Bel-Air Mireille Nys Pages 118-121

En Provence méridionale, l'art du jardin régulier s'est particulièrement développé au XVIIIe siècle. La noblesse et la haute bourgeoisie en étaient les principaux commanditaires et créateurs. Bien sûr, les créations restent modestes par rapport à l'ampleur et à la richesse des compositions issues de la mouvance royale ou princière. Néanmoins, les modèles circulaient, de même que les écrits sur l'art des jardins.
Albertas, Bouc-Bel-Air, jardin méridional, Dézallier.
 
Les jardins du château de Lathan Anna Leicher Pages 122-125

Aux confins de l’Anjou, dans un paysage vallonné, aux forêts verdoyantes, s’étend un parc surprenant né aux XVIIe siècle par le désir d’une femme, Anne Frézeau de la Frézelière, qui établit un jardin ordonné autour d’un château à l’architecture irrégulière. Au XVIIIe siècle, de nouveaux propriétaires y réalisent des travaux grandioses et donnent au domaine sa physionomie définitive.
Lathan, Bouillerie, Anjou, restauration.
 
Les jardins à la française aux XIXe et XXe siècles Jacques Moulin Pages 126-133

Malgré l'engouement pour les jardins paysagers qui se manifesta dans les milieux parisiens dès les dernières années du règne de Louis XV et malgré la Révolution, qui avait mis fin à un pouvoir que l'on prétendait absolu et auquel était associé le tracé régulier du paysage, les jardins à la française subsistèrent en France tout au long du XIXe siècle, pour redevenir la forme dominante des jardins à la mode, à l'aube du siècle suivant.
Jardin à l'anglaise, Duchêne, Edouard André, Vaux-le-Vicomte, Luxembourg, Champs-sur-Marne, restauration.
 
Édouard André au château de La Lorie Guy Massin Le Goff Pages 134-137

Les jardins du château de La Lorie, en Anjou, sont un exemple spectaculaire de recréation d'un jardin régulier. Conçus au début du XXe siècle, alors que ce type de réalisation est remis au goût du jour, ils sont l'œuvre du célèbre paysagiste Édouard André, qui sut accorder avec talent les volontés de son commanditaire, le marquis de Saint-Genys, et les contraintes du lieu.
André, Anjou, La Lorie, Saint Genys, restauration.
 
Le style Duchêne Claire Frange et Michel Duchêne Pages 138-141

N’ayant vécu que dans les jardins et pour les jardins, Henri et Achille Duchêne, père et fils, ont fortement marqué l’histoire de l’architecture paysagère, tant en France qu’à l’étranger, de 1880 à la mort d’Achille Duchêne, en 1947. Ils furent les pionniers de la renaissance du style classique du jardin à la française dans une époque éclectique de l’art des jardins. Leur génie créatif leur permit d’exceller dans un genre nouveau, appelé jardin mixte, où ils surent réconcilier l’inconciliable : le jardin régulier et le parc paysager à l’anglaise.
Henri Duchêne, Achille Duchêne, treillages, restauration.
 
L'esprit d'un style Claire Frange et Michel Duchêne Pages 142-145

Quelques exemples de jardins signés Duchêne, ou l'esprit d'un style
Voisins, Champs-sur-Marne, Vaux-le-Vicomte, Le Creusot, Blenheim Palace, Condé-sur-Iton, Duchêne.
 
Le jardin à la française Sisley

 
Sommaire dossier-art.
 
Dossier de l'art n° 89 est un magazine des Editions FATON.