Dossier de l'art n° 95 du 14/04/2003
Numéro Normal  
L'Art déco Exposition au V&A de Londres
Retour sur le style Art déco de son origine jusqu'aux gratte-ciel américains.
 
Principaux articles référencés pour ce numéro
 
Art déco 1910-1939 Ghislaine Wood Pages 4-15
L'exposition du Victoria and Albert Museum
L'Art déco est un style aux visages multiples. C'est le style des jeunes femmes aux cheveux courts des Années folles et celui des usines automobiles Ford, des luxueux transatlantiques et des gratte-ciel, de l'univers de rêve d'Hollywood et de l'univers bien réel de la Renaissance de Harlem. C'est un style qui toucha toutes les formes artistiques, des beaux-arts aux arts décoratifs, la mode, le cinéma, la photographie, les modes de transport, l'esthétique industrielle et bien au-delà encore, la littérature, la musique et la danse. C'est un style moderne et omniprésent.
origines, références, Art nouveau, Années folles, sources, gratte-ciel
 
Les sources stylistiques Juliette Hibou Pages 16-21
Entre exotisme et avant-garde
L'Art déco est un style fondamentalement éclectique, perméable et réminiscent. Il évoque un groupe hétérogène voire contradictoire d'œuvres inspirées de styles traditionnels ou vernaculaires européens, ou de styles exotiques non-occidentaux; de styles de civilisations anciennes ou de styles issus des créations des avant-gardes contemporaines. Ces influences sont combinées de manière complexe pour donner naissance à un nouveau répertoire décoratif, expression d'une époque.
Avant-garde, tradition, Afrique, Orient, Biedermeier, Art déco
 
L'Exposition 1925 Emmanuel Bréon Pages 22-35
Le triomphe de la tradition
Le maître mot de l'Exposition de 1925 était d'“être moderne”. Cette volonté ne se fit pas sans heurts et la tradition alliée au luxe remporta l'adhésion des organisateurs. L'originalité de l'art français fut mise à l'Hôtel du collectionneur de Ruhlmann et à l'Union des artistes décorateurs qui réalisa l'Ambassade française. Ils s'inspiraient des styles anciens, non pas dans un souci d'imitation mais de renouvellement. À travers l'Exposition de 1925, c'est donc tout le génie de l'art décoratif français qui fut mis en valeur, influençant pendant près d'une décennie les grandes réalisations internationales.
Exposition universelle, 1900, Ambassade française, Ruhlmann, hôtel du Collectionneur, Patout, dunand, Groult, Mallet-Stevens
 
Orrefors Jennifer Hawkins-opie Pages 36-39
Une manufacture de verre suédoise
Fondée en 1828, la manufacture suédoise Orrefors connut rapidement le succès de par la remarquable qualité de gravure et de transparence de ses verres. Bien que saluée dès 1921 par des journaux anglais et italien, l'Exposition de Paris lui permit de se faire reconnaître à l'échelle européenne grâce, entre autres, à la Coupe de Paris.
Coupe de Paris, Simon Gate, Edward Hald,
 
Le textile en Grande-Bretagne Charlotte Samuels Pages 40-45
Influence et renouveau
L'Art déco ne connut pas, en Grande-Bretagne, le même engouement suscité sur le continent. Ainsi, tandis que la Wiener Werkstätte réalisait des objets aux formes et aux couleurs dynamiques, la Grande-Bretagne restait tournée vers le passé. L'Exposition de 1925 apporta beaucoup à l'industrie de l'art textile britannique tant dans les modèles que dans les matériaux.
Textile, Raoul Dufy, Paul Poiret, Mackintosh, Minnie McLeish, Foxton, Morton Sundour, Steiner & Co, O'Connel, tissage, Betty Joel
 
Un âge d'or de la joaillerie française Michèle Heuzé Pages 46-51

Les bijoux Art déco ont été redécouverts il y a une trentaine d’années à la suite d’une exposition qui leur a été consacrée, en 1975, en Allemagne. Depuis, ils ont bénéficié d’un attrait constant par la modernité de leurs propos : simplification des formes, rationalisation, recherche d’harmonie dans les rapports de volumes.
Boucheron, Lacloche, pierres précieuses, Cartier, Chaumet, Mauboussin, Egypte, Extrême-Orient, Dusausoy, Templier, Dunand
 
La passion du laque Anna Jackson Pages 52-62

Les arts de la Chine et du Japon furent des ingrédients importants du mélange éclectique qui forgea le style et l'esprit Art déco. Tout ce que le style Art déco comporte de glamour et d'exotique fut exprimé par le recours aux techniques et matières traditionnelles de l'Extrême-Orient. C'est la surface somptueuse du laque qui captiva les créateurs. Cette fascination permit la création de certaines des œuvres Art déco les plus remarquables, avec des artistes tels Eileen Gray et Jean Dunand en Europe, ou au Japon, avec le groupe Mukei.
Laque, Dunand, Doucet, Eileen Gray, Mukei, Sugawara, Yamakasi, Shogo
 
Jacques Doucet Édouard Sébline Pages 58-62
Collectionneur et mécène
Grand couturier, collectionneur et mécène, Jacques Doucet appartient à la vie artistique et littéraire des années 1880 – 1930. Propriétaire d'un magasin rue de la Paix, il fonde l'une des premières maisons de haute couture à Paris. Sa riche clientèle lui permet d'assouvir sa passion pour l'art et la bibliophilie. D'abord intéressé par les objets d'art du XVIIIe siècle puis par les livres de cette période, il met en vente toutes ses collections en 1912 pour ne se consacrer qu'à l'art moderne, devenant un des plus grands mécènes de son époque.
Doucet, rue Spontini, Hoentschel, Poiret, Iribe, Eileen Gray, Marcel Coard, Pierre-Émile Legrain, Lipchitz, Miklos, Saint James,
 
Le Maharadjah d'Indore Sharada Dwivedi Pages 64-67
Un esthète hors du commun
Dans les années 1930, il était rare pour un Indien, même un maharadjah, d'être un fervent amateur d'Art déco. Et pourtant, le maharadjah Yeswantrao Holkar d'Indore est reconnu comme un des plus grands collectionneurs d'art – objets d'art, orfèvrerie et voitures – et un amateur d'architecture avisé. Le Maharadjah était un personnage réservé et son grand intérêt artistique ne peut être connu aujourd'hui que par le biais d'entretiens avec des membres de sa famille, avec ses amis et ses proches, et grâce à quelques travaux publiés par des historiens d'art.
Inde, palais de Manik Bagh, Henri-Pierre Roché, Muthesius, Da Silva Bruhn, Puiforcat,
 
Le style gratte-ciel aux Etats-Unis Ghislaine Wood Pages 68-73

Les États-Unis ne participèrent pas à l'Exposition de 1925 faute de style propre. Cinq ans plus tard, une unité nationale se développe et permet aux artistes de créer un style national symbolisé par les gratte-ciel de Manhattan. Cette architecture expressive et puissante transforme la ville en une source d'inspiration intarissable. Toutes les formes d'art s'y réfèrent - cinéma, comédies musicales, arts décoratifs – vouant à la verticale un culte sans partage.
Manhattan, Exposition de 1925, gratte-ciel, Frankl, Albert Gleizes, Margaret Bourke, Berenice Abbott, style jazz, Donald Deskey, Norman Bel Geddes, Erik Magnussen
 
L'Art déco Exposition au V&A de Londres Léonard de Vinci, dessins et manuscrits

 
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Dossier de l'art n° 95 est un magazine des Editions FATON.