Dans les années 1850, au moment où le jeune Monet s'éveille à l'art, la peinture atteint avec Courbet un point extrême de densité. Courbet porte en effet la peinture "traditionnelle", celle qui était née à Florence et à Venise au XVe siècle, et qui s'était continuée depuis, de Naples à Madrid et d'Amsterdam à Paris, à un degré ultime de perfection (La Rencontre, 1854, Montpellier, Musée Fabre). A cette quête éperdue de réalisme, se devait de succéder autre chose, une "nouvelle peinture" que tous appellent alors de leurs vœux, et que Manet le premier, puis autour de Monet, les Impressionnistes, portent vers 1865-70 sur les fonts baptismaux, orientant ainsi durablement le destin de l'art occidental.
Auteur : Boyer Sylvain
Magazine : Dossier de l'art n° 58 Page : 4-11
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