"Une femme nue contre un livre de poésie!", tel fut le troc étonnant qui eut lieu en 1994 : l'enjeu était d'échanger par l'intermédiaire d'un marchand londonien un tableau de De Kooning aux mains du gouvernement iranien contre un prestigieux manuscrit à peintures, Châh-nâmeh royal, estimé plusieurs millions de dollars et appartenant aux héritiers de l'industriel bibliophile américain Arthur Hougton… lequel avait lui-même acheté ce trésor à Paris en 1959 à la famille du baron Maurice de Rothschild. La collecte et le commerce des manuscrits et pages enluminées de la Perse a en France un longue et vivante histoire, et bien des fonds le splus prestigieux des musée sfrançais et étrangers sont, à l'origine, ceux des grands collectionneurs qui avaient fait du Paris de la Belle Epoque une plaque tournante de l'art oriental.
Auteur : Soustiel Jean - David Marie-Christine
Magazine : Dossier de l'art n° 36 Page : 62-69
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