N° 187 - Juillet/Août 2011 - 9,00 €
ISSN : 1161-3122
Événement Le palais Fesch d'Ajaccio célèbre durant tout l'été le Seicento florentin et l'un de ses visages les plus remarquables : le dialogue qu'il noue entre la peinture et les textes des grands poètes modernes italiens – Dante, Boccace, l'Arioste et le Tasse. Les grandes académies d'arts et de lettres, qui ont fleuri au siècle précédent à Florence, et où l'on dispute avec passion de la langue et du statut des textes, favorisent l'interprétation picturale des épisodes les plus dramatiques des poèmes, mêlant l'amour et la raison, la passion et la morale. Une soixantaine d'œuvres – peintures, dessins et gravures –, dont plusieurs tableaux insignes et méconnus, illustre ce phénomène, où l'on croise les plus grands noms florentins de la peinture de chevalet, de Cigoli à Francesco Furini, de Giovanni Bilivert à Cecco Bravo ou Sebastiano Mazzoni. Dossier Fidèle à une tradition locale empreinte de classicisme et jalousement gardée par ses puissantes académies, Florence est restée au XVIIe siècle dans l'ombre de Rome, de Naples ou de Bologne, éblouissants foyers du baroque italien. La peinture de chevalet ou da stanza, qui s'y épanouit particulièrement dans la première moitié du siècle, déploie pourtant une grande originalité de thèmes, de style et d'invention, avec ses coloris empruntés à Venise, le charme de ses figures féminines et son sens de la mise en scène. Quant aux décors à fresque, ils puisent dans la veine baroque avec beaucoup plus d'évidence, sous les pinceaux de Giovanni da San Giovanni ou Volterrano, et grâce à la venue, à Florence, de deux grands forestieri : Pierre de Cortone dans les années 1640, Luca Giordano à la fin du siècle. Découverte Le palais Fesch d'Ajaccio conserve aujourd'hui l'une des plus éminentes collections de peintures italiennes en France, qui garde la mémoire de l'inestimable ensemble réuni avec passion par le cardinal Fesch et s'impose aux amateurs comme aux historiens d'art. Suivez ici un parcours à travers les joyaux du musée, puis découvrez une Florence inédite qui mêle aux insurpassables chefs-d'œuvre de la Renaissance le faste baroque venu célébrer, de palais en églises, la gloire des derniers Médicis.