En 1901, Cézanne fait construire un atelier sur la montée des Lauves, à l'écart d'Aix, signe de son attachement absolu à son terroir natal. Il y entreprend trois tableaux monumentaux sur le thème récurrent des baigneuses. Aux portraits tourmentés des paysans du Jas de Bouffan répondent, dans des compositions épurées et puissantes, des vues de la Sainte-Victoire depuis la Marguerite. Ce n'est plus Cézanne qui monte voir des amis ou marchands à Paris, ce sont les jeunes admirateurs ou collectionneurs qui viennent le voir en son lieu. Sa peinture ne se justifie ni en vertu de références parisiennes, ni en vertu d'appropriations romaines dont la Provence aura été le signifiant : Cézanne atteint une synthèse inégalée entre lumière, couleur, composition et figuration.
Auteur : Coutagne Denis
Magazine : Dossier de l'art n° 130 Page : 66-73
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