N° 10 - Juillet/Août 2011 - 9,00 €
ISSN : 1161-3122
Le milieu du siècle marqua une rupture dans l'art de Courbet. Poussant le réalisme à son paroxysme, il octroya aux plus humbles – paysans, mendiants, habitants de son pays natal – le droit et l'honneur d'être peints, leur réservant même ses plus grandes toiles, telles que Un Enterrement à Ornans ou Les Paysans de Flagey revenant de la foire, évoqués au musée Courbet dans la « boîte noire ».
Une après-dînée à Ornans fut le premier coup d'éclat de Courbet au Salon ; un coup d'éclat bien reçu d'ailleurs, puisque la toile fut achetée par l'État et récompensée d'une médaille de deuxième classe. Remarquée par les plus grands peintres de son temps, Ingres et Delacroix, la toile fut tout de suite comprise comme une petite révolution, tant iconographique que picturale : « Quels dons sacrifiés. Est-ce assez remarquable et désolant. Rien comme composition, rien comme dessin. [...] Ce garçon-là c'est un œil 1 », remarqua Ingres d'un ton désolé.
Auteur : Emmanuelle Amiot-Saulnier
Magazine : Dossier de l'Art hors-série n° 10 Page : 36-41
Date : 28/06/2011
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