N° 10 - Juillet/Août 2011 - 9,00 €
ISSN : 1161-3122
« Pour peindre un pays, il faut le connaître. Moi, je connais mon pays, je le peins. Ces sous-bois, c'est chez nous ; cette rivière c'est la Loue, celle-ci c'est le Lison ; ces rochers sont ceux d'Ornans et du Puits Noir. Allez-y voir, vous reconnaîtrez tous mes tableaux », s'exclamait Courbet. Allons-y voir, donc, dans ces sous-bois qu'il arpenta avec entrain, au pied de ces sources qui rejaillissent sur ses toiles, et dans ces lieux où il vécut et peignit ; et confrontons les paysages de l'itinéraire que nous vous proposons aux toiles de Courbet, conservées dans les plus grands musées du monde. La promenade commence à Ornans même, sur les rives tranquilles de la Loue que vous pourrez admirer sur les ponts et passerelles de la ville dès la sortie du musée Courbet. Parmi ces ponts, il en est un que Courbet peignit alors qu'il n'avait que
19 ans : celui de Nahin, brossé dans une huile conservée au musée Courbet. Les vues d'Ornans traversèrent tout son œuvre, comme le révèlent les toiles traquant ce qui rend cette petite ville franc-comtoise si charmante : les reflets sur l'eau de ses façades, que Courbet a peints dans un autre tableau du musée, Le Miroir d'Ornans. Pour jouir de cette vue, à laquelle vous accédez aujourd'hui par l'avenue du général De Gaulle, l'artiste a installé son chevalet en contrebas de son atelier, en aval du centre ville. Après son enfermement à la prison de Sainte-Pélagie, Courbet retrouvait alors avec plaisir son pays natal et sa nature imposante, mêlant la douceur de la Loue à la rudesse des rochers environnants.
Magazine : Dossier de l'Art hors-série n° 10 Page : 62-71
Date : 28/06/2011
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