N° 10 - Juillet/Août 2011 - 9,00 €
ISSN : 1161-3122
Courbet vécut ses dernières années dans les affres d'une condamnation injustifiée et de l'exil en Suisse. L'artiste y peignit là d'aussi admirables œuvres que Le Château de Chillon, conservé au musée Courbet ; mais il cautionna surtout l'exécution, par des artistes de son entourage, de paysages peu glorieux. La chute de la colonne Vendôme provoqua finalement celle du peintre.
En apprenant la mort de Courbet, Jules Vallès écrit : « La Colonne perd son otage : celui qui devait payer les pots cassés de la gloire vient d'être lui-même cassé par la mort. » Depuis son engagement dans la Commune de Paris et en écho à sa traduction devant le 3e Conseil de guerre qui l'a condamné à six mois de prison et 500 francs d'amende pour usurpation de fonctions publiques et destruction de la colonne Vendôme, Courbet a été érigé par les pamphlétaires et les caricaturistes anticommunards en apôtre de l'iconoclasme et en vandale, au point que la figure du déboulonneur s'est substituée à celle du peintre.
Auteur : Bertrand Tillier
Magazine : Dossier de l'Art hors-série n° 10 Page : 54-59
Date : 28/06/2011
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